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Les dangers du plastique dans l’alimentation: mythes et réalités

« L’utilisation du plastique pour emballer ou pour conserver les produits alimentaires suscite depuis quelques années une vive inquiétude chez les consommateurs. Cette inquiétude se manifeste par une panoplie de sites web et de publications sur les possibles dangers du plastique pour la santé humaine. Mais qu’en est-il réellement ?

Les composantes du plastique sont-elles réellement néfastes pour notre santé ? Ou ces craintes ne sont-elles qu’un mythe, véhiculé par les médias ?

Plastique est un terme générique englobant de nombreux matériaux fabriqués à partir d’une série de composés. Une matière plastique est une substance polymère contenant un grand nombre d’atomes de carbone, oxygène, hydrogène ou azote. Des substances sont souvent ajoutées au plastique pour aider à le façonner. Deux de ces plastifiants sont le Bisphénol-A (BPA), ajouté pour le rendre transparent, et les phtalates, ajoutés pour rendre le plastique souple et flexible. Les entreprises de récipients alimentaires réutilisables utiliseraient souvent le bisphénol A (BPA) pour fabriquer leurs produits.​

Au risque de débouter les sceptiques parmi vous, de nombreuses études scientifiques font état du danger des plastiques alimentaires. Le BPA agirait comme un perturbateur endocrinien (il interfère avec le système hormonal). Chez les mammifères, dont les humains, cela peut entraîner de nombreux problèmes tels qu’une puberté précoce chez les femmes, une perturbation des organes reproducteurs, l’obésité, ainsi que le cancer du sein, de l’ovaire, des testicules et de la prostate.

Les phtalates sont le deuxième groupe de composés chimiques souvent ajoutés au plastique. Ils sont couramment utilisés comme plastifiants. L’omniprésence de cette matière dans notre vie quotidienne et spécialement dans nos produits de consommation suscite certaines inquiétudes. L’ingestion d’aliments ayant été en contact avec des emballages contenant des phtalates demeure la principale source d’exposition pour la population générale.​

​Selon une étude publiée en 2003 par un groupe de chercheurs allemands, 12 % de la population générale excéderait la dose journalière tolérable par ingestion recommandée par la Communauté Européenne. Les phtalates s’accumulent dans les tissus adipeux. Ils se déposent d’abord dans le système gastro-intestinal, le foie et les reins, puis dans les muscles, les poumons, les testicules et le cœur, voire même dans le lait maternel. Cette accumulation peut donc conduire à de graves problèmes de santé.

Les phtalate auraient à peu près les mêmes effets que le BPA. Ils ont une fonction anti-androgènes alors que l’action principale attribuée au BPA est d’ordre oestrogénique. En somme, ils agissent comme un leurre hormonal et peuvent provoquer des dérèglements chez l’humain. Ingérés par une femme enceinte, ils peuvent atteindre le fœtus et entraver le développement des testicules, conduisant plus tard à la réduction de production de spermatozoïdes.​

Ces plastiques auraient aussi des effets sur notre tour de taille. Une nouvelle recherche intéressante publiée dans Environmental Health Perspectives explique que le bisphénol A peut effectivement causer la mutation des cellules souches en cellules adipeuses. Selon l’étude, l’exposition à ces types de produits chimiques peut reprogrammer votre métabolisme et le rendre plus apte à stocker des calories au lieu de les évacuer. Si on craint le lien entre obésité et plastique, on peut éviter bien des maux en préparant chez soi les aliments d’habitude achetés dans des contenants de plastique.​

Par exemple, on peut se faire ses propres yaourts, grâce à une yaourtière. Le site cuisineatoutfaire.fr contient plusieurs idées pour faire le bon choix.​

Les dangers de consommer des aliments ayant été en contact avec les composants de certains plastiques sont donc réels. Des études expérimentales sur des animaux révèlent une grande variété d’effets associés à l’exposition à ces composés.

Des études scientifiques ont clairement démontré que certains éléments présents dans les emballages ou les récipients pouvaient migrer dans les denrées alimentaires. Donc nous assisterions présentement à un sabotage hormonal mondial au nom de la facilité et des bas prix [N.D.L.R.: la réglementation sur ce sujet, reflet des préoccupations de nos concitoyens, a évolué chez nous et des précautions sont progressivement imposées, dont l’interdiction du bisphénol A; cf. fin d’article pour demander davantage de détails].

Cependant, tout n’est pas perdu. Certaines restrictions sur l’utilisation des phtalates dans les plastiques alimentaire ont été imposées aux États-Unis. Plusieurs recherches sont actuellement en cours afin de trouver un substitut au plastique et sa présence devrait être mieux contrôlée dans les prochaines années. Ce ne sont pas tous les plastiques qui présentent un danger pour la santé.

Deux mythes très répandus existent sur les composantes chimiques du plastique. Le premier est que les bouteilles d’eau jetables sont nocives ; il ne faudrait donc pas les réutiliser. En fait, ses bouteilles sont sécuritaires si elles ne contiennent pas de BPA et cela même lors d’un deuxième ou troisième usage.

Le deuxième mythe très répandu prétend que réchauffer des aliments au micro-ondes dans des contenants de plastique présenterait un danger certain. Les pots conçus pour cet usage sont en fait sécuritaires ; mais non les récipients de yogourt ou ceux de margarine, par exemple. Les utiliser de cette façon pourrait entraîner la formation de dioxines, des composés cancérogènes qui pourraient s’infiltrer dans les aliments s’ils sont chauffés au micro-onde.

 La réglementation sur les produits chimiques additifs dans les emballages alimentaires évolue régulièrement mais elle fait face aux lobbys de l’industrie alimentaire. En attendant c’est au consommateur, à nous de se renseigner, d’être attentif et de faire des choix en connaissance de cause.

Nous sommes les seuls à pouvoir prendre les mesures les plus efficaces et le plus rapidement possible. A ce titre vous pouvez aussi vous rendre sur le site choisirsonalimentation.fr pour obtenir des conseils sur la fabrication de jus de fruits et de légumes et les extracteurs sans BPA.